Photo For Life : épisode 5

Photo For Life : épisode 5

Photo for life Arte Emission

Et voilà, j’ai enfin visionné le cinquième et dernier et épisode de Photo For Life. Mieux vaut tard que jamais ! D’ailleurs, les vidéos ne vont pas rester éternellement en ligne, il faut donc vous dépêcher si vous n’avez pas encore pu en profiter.

Pour ceux qui ont été encore plus lents que moi, voici le cinquième épisode :

J’ai trouvé cet épisode très intéressant, sûrement le plus intéressant de la série car il aborde une photographie que l’on peut tous faire : la street-photography ou photographie de rue. Sortir de chez soi et photographier ce qui nous entoure.

Personnellement, j’ai du mal à photographier les gens dans la rue, j’ai encore le sentiment de déranger parce qu’il faut, par respect je trouve, demander à la personne si on peut la photographier si on veut un portrait. Je n’aimerais pas que quelqu’un prenne une photo de moi dans la rue sans me demander, alors je ne me verrais pas le faire à d’autres personnes ! Je suis en général plutôt dans la discrétion dans mes photos, j’aime faire des portraits, mais pas quand ils sont posés. Pendant les matchs de football américain, j’essaie de voler des portraits (les joueurs sont souvent contents du résultat donc là je ne me prive pas ;)) sans que les personnes le voient. Ça me permet de mettre en avant la dureté du sport, l’envie de gagner, la déception quelquefois, la joie pour d’autres. Comme quoi, même la photographie de sport nous ramène à la condition humaine chère à Toscani.

D’ailleurs, pour en revenir à l’épisode, parce que cet article est avant tout là pour en parler, j’ai l’impression d’être repartie dans mes cours de philosophie de lycée : Qu’est-ce que la beauté ? Un gros programme qui nous oblige à être subjectifs. Mais avant de parler de beauté, Toscani parle du photographe, de sa personnalité qui se reflète dans ses photos :

Pas besoin de psy pour savoir qui vous êtes. Regardez la photo d’identité de votre passeport.

Sur ce coup, je ne suis pas totalement d’accord. Ma photo d’identité est moche parce qu’on a maintenant obligation de faire un regard neutre, sans sourire ! Depuis toute petite, je souriais toujours sur mes photos d’identité, et bien maintenant c’est plus possible ! Donc ça ne me reflète pas complètement vu qu’on a des contraintes sur cette photo. Et toc 😛 !

Plus sérieusement, je rejoins Toscani quand il parle du portrait :

Faire un portrait c’est documenter une personne à travers tes yeux de photographe.

Un portrait peut révéler la personnalité de la personne prise en photo, mais surtout à travers la prise de vue, à travers la manière dont le photographe aborde le portrait. Tout est dans la mise en scène, l’ambiance qu’on va apporter, même avec un regard.

On revient alors sur la notion de beauté :

On cherche à voir ce qu’on a pas encore vu, ce qu’on a pas le courage de voir ou ce qu’on nous montre pas.

Je trouve qu’avec cette phrase, on revient au premier épisode dans lequel Toscani disait qu’il ne fallait pas photographier quelque chose qu’on avait déjà vu ! On a maintenant l’explication de cette phrase du premier épisode.

Défi du jour : faire un minimum de 3 photos en deux heures sur la beauté dans la rue pour Adélie de Ipanéma, propriétaire de la galerie Polka Galerie spécialisée dans la photographie documentaire. Les photos d’un élève y seront alors exposées.

Les photos sont faites dans le 11ème arrondissement. Oliviero commence tout de suite par une petite phrase bien marrante à l’entrée du marché :

Le monde entier est là, en 100 mètres !

Mathieu part dans les boutiques environnantes (lumière trashosse, j’ai appris un mot !)pour photographier les gérants, avec plus ou moins de succès.

Suchart reste dans le marché pour photographier la nature telle qu’elle est, le poisson, les mélanges de couleurs qui rappellent les minorités humaines, une marchande de tissus hilarde, le maraîcher,…

Caroline se trouve tout de suite dans son élément, elle recherche des personnalités étonnantes, atypiques et fait leur portrait.

Coline part un peu à l’écart pour s’attarder sur la nature. Connaissant déjà le quartier, elle doit le regarder d’un oeil neuf et avoir une vision différente des choses pour les rendre intéressantes.

Sami reste sur ses habituelles photos de portrait qu’on avait pu voir dans son book, elle photographie des gens puis s’intéresse particulière à une dame de 86 ans qu’elle va photographier chez elle.

Retour au studio pour voir le résultat : c’est Coline et Sami qui sortent gagnantes. Coline pour l’originalité et surtout l’aboutissement de sa série. Oliviero salue sa précocité tandis que les autres élèves disent ne pas accrocher (objets ne leur parlent pas). Coline a été la seule à n’inclure aucun portrait dans sa série. Oliviero termine par un « jaloux ? ». Personnellement j’ai beaucoup aimé le rendu de sa série.

Sima quant à elle, donne la série préférée de Toscani à cause de la discipline qu’elle a mise en place, particulièrement avec la règle des tiers pour la photo en intérieur. C’est le reproche qu’il fera aux autres élèves, un manque de discipline. Suchart montre une photo colorée mais floue (problème de point ou d’ouverture ?), Mathieu a des problèmes au niveau de la composition, Caroline dans le cadrage (mais le goût des cadrages, c’est comme les couleurs, ça ne se discute pas :P) : Toscani aurait préféré des portraits plus proches pour mettre en avant les personnalités et rendre le tout encore plus fort. J’aime beaucoup ce qu’il dit à Mathieu concernant la composition d’une photo, on l’oublie trop souvent :

C’est la composition de lignes, volumes qui sont mis ensemble pour faire une photo.

Une photo, ce n’est pas juste un déclic et un sujet, c’est toute une construction au niveau des lignes, couleurs, contrastes, volumes qu’on ne doit pas négliger pour renforcer le dynamisme d’une photo et faciliter sa lecture.

Recherchez la beauté là où les autres ne la voient pas.

Après ce débriefing, c’est le moment des adieux. Un bilan personnalisé sur chacun des photographes-élèves mais surtout une phrase importante pour moi quand on est/regarde un cours :

Excusez-moi si je suis un peu critique mais on est là pour ça. On est là pas pour se faire des compliments, on est là pour comprendre des choses.

C’est le reproche que j’ai pu lire sur des forums et autres endroits à propos du programme. Un Oliviero Toscani trop agressif, « j’aime/j’aime pas », trop dur avec les élèves. De mon côté, je ne suis pas d’accord. Un professeur n’est pas là pour nous dire « oh c’est bien ce que tu as fait », il est censé nous pousser vers le haut, nous apprendre des choses, changer notre façon de voir pour se forger sa propre personnalité. Une personnalité de photographe se crée en touchant à tout, en affinant son style, et ça c’est très difficile de le faire seul. Un groupe, c’est bien pour échanger, critiquer, encore faut-il pouvoir prendre ces critiques comme elles sont dites : pour s’améliorer et mettre en exergue des chsoes que nous-mêmes, en faisant la photo, nous n’avons pas vu ou avons oublié de voir. Et c’est là qu’un professeur de photographie, et là je parle de professeur de qualité, pas un photographe lambda qui vous dira qu’il vous apprendra à faire de la photo comme un pro, vous apportera vraiment quelque chose.

Apprendre la technique, c’est la base, c’est une chose à ne surtout pas laisser de côté même si ça peut sembler rébarbatif. Mais apprendre à développer son oeil de photographe, son propre style (et là je peux vous assurer que je n’ai moi-même pas encore toruvé mon style, j’en suis encore loin !), c’est une toute autre affaire. Et ça nécessite, je pense, des années de pratique, d’échanges et d’écoute… Une ouverture vers le monde et vers les autres, que ce soit d’autres photographes ou simplement des gens qui regardent vos photos, ça, ça peut faire grandir et nous aider à trouver notre style.

En conclusion sur toute cette semaine d’épisodes de Photo For Life, je dois dire que j’ai adoré ce programme. J’ai adoré la personnalité du professeur, punchy et dynamique à souhait qui, certes, ne plaira pas à tout le monde, mais qui ne peut laisser indifférent ! On a touché à plusieurs types de photographies, le dernier épisode était pour moi le plus intéressant, peu de technique à proprement parler mais beaucoup de réflexions, de philosophie et une manière d’appréhender les photos, d’apprendre à les lire.

Et vous, quelle conclusion tirez-vous sur cette série d’épisodes ?

Toute la série Photo For Life :

19 COMMENTAIRES

  1. Je suis d’accord avec toi sur l’ensemble du programme : j’ai adoré et adhéré !
    J’ai beaucoup aimé la série de Coline et celle de Sima aussi mais j’ai trouvé dommage qu’elle n’ait pas fait sa s&rie de trois entièrement sur cette petite dame qui avait l’air si sympathique ! J’ai trouvé qu’au final sa troisième photo, certes belle, n’était pas à sa place.

    J’espère qu’Arte nous proposera d’autres programmes sur la photo maintenant !

  2. J’avoue que je pensais comme toi au début pour la photo de rue, surtout pour les portraits.

    Mais finalement, en faisant une sortie photo avec d’autres photographes qui faisaient ce genre de photo, je me suis dit que les humains pouvaient finalement être plus intéressants qu’une scène de vie ou que des bâtiments 🙂 (et pourtant, je n’ai jamais vraiment apprécié les humains sur les photos !)

    A partir du moment où tu ne ridiculises pas la personne avec ta photo, où tu la mets même en valeur, où est le mal ?
    la diffusion sur Internet ? La France est le seul pays autant à cheval sur le droit à l’image. Si je comprends que ça puisse déranger dans le cas où on n’est pas à son avantage, je pense que dans le cas contraire, ce n’est pas un mal.
    A l’opposé du droit à l’image, il y a aussi le droit à photographier 🙂

    Je suis du même avis que toi à propos de cette émission (malgré de gros doutes après avoir vu le premier épisode ^^).

  3. J’ai également adoré cette émission et je te remercie de nous l’avoir fait découvrir. J’aurais bien aimé qu’elle continue ou qu’elle aille encore plus loin. Peut être dans le futur qui sais.

  4. J’ai beaucoup aimé cet épisode aussi, et les photos de colline sont juste sublimes. J’aurais beaucoup aimé avoir des infos techniques sur leurs photos et leurs réglages, sur un site associé par exemple. C’est le petit reproche que je ferais au programme, parce que pour le reste, j’ai vraiment apprécié. C’est vrai que Toscani est « une grande gueule » mais il est comme ça et comme tu le dis, c’est le rôle d’un professeur.

  5. Pour les photos de Colline, la série est très intéressante, très sympa.
    Pour les infos techniques, rien de bien sorcier et d’intéressant, un gros traitement identique sur toute la série.

    Pour Suchart :
    « Suchart montre une photo colorée mais floue (problème de point ou d’ouverture ?) »
    Je pense qu’il s’agit simplement de flou de bouger. L’intérieur du camion est sombre, il prend les photos à la sauvette, l’appareil n’est pas stabilisé. Il a peut être rechigné à augmenter les ISO afin de maximiser la qualité de la photo. Dommage car pour moi, c’était vraiment la meilleure série, la plus originale.

    Pour Caroline, entièrement d’accord avec Toscani. Les portraits auraient gagné en dynamisme et impact en étant plus sérré. Il manquait pas grand chose! En revanche quelle focue, en disant qu’elle était encore belle pour son âge…

    Pour Matthieu, je trouve Toscani un peu dur. Mais bon, il est vrai que sa série était la plus commune. Du coup en partant sur des images qu’on a déjà vu, on demande plus de rigueur dans la composition.

    Pour Sima, la meilleure série pour Toscani, en effet certainement la plus humaine. Elle a un bon contact avec les gens et sait en jouer. En revanche la féliciter pour sa discipline… Pas sûr qu’il aurait dit après avoir vu les photos avec le flash interne… Beurk!!!

    Bref une très belle émission qui me manquera, j’espère qu’il y aura une suite!

    • Coline a en effet beaucoup travaillé en post-production pour avoir ce rendu très vignetté. Pour Suchart, je ne crois pas que ce soit un flou de bougé. Les autres photos sont nettes et quand tu vois la photo concernée là : http://photoforlife.arte.tv/candidates/1343 on voit bien que c’est un problème d’ouverture et non de flou de bougé. On voit qu’il a fait la mise au point au niveau des barres sur la gauche, il suffit de regarder au sol pour voir la zone de netteté. Il aurait donc dû diminuer l’ouverture de son objectif tout en augmentant l’ISO pour ne pas avoir d eflou de bougé. Ou, au pire, s’il ne voulait pas toucher à l’ouverture, faier le point sur le sujet central, à savoir le fond de la camionnette.
      J’espère aussi qu’ARTE referra des émissions de ce type, ça serait vraiment sympa.

      • Merci, je n’avais pas vu ce lien pour les photos des candidats. En effet c’est juste la zone de néteté qui est mal placé. Je comprend mieux le manque de discipline de cete série.

  6. J’ai assez aimé l’idée de Coline aussi, même si je me doutais de ce qu’elle allait faire … cela ne m’a pas surprise !

    Je suis d’accord avec Vincent pour les photos de Suchart, les couleurs sont superbes et il y a bien un fil conducteur sur toute la série. Je suis aussi d’accord pour le flou mais malheureusement, il n’y a rien à faire après la prise de vue ….
    Donc Vincent, tu pense qu’il aurait gagné à prendre un trépied par exemple ?

    J’ai aimé les deux portrait de Sima mais pas spécialement le reste …

    Je n’ai vraiment pas accroché avec les photos de Mathieu ni celles de Caroline les couleurs m’ont paru fades alors qu’ils auraient pu en faire autre chose j’ai l’impression….

    Kty, c’est vrai qu’on gagne à être critiqué et moi qui ai la critique facile et qui ne suis pas pro m’excuse pour ce que j’ai dit dans des commentaires précédents, mes critiques n’étaient qu’impression perso et non appuyés sur des théories, techniques ou autres œils averti d’expert :/
    mais j’apprécie toujours que chacun dise ce qu’il pense des photos (et des miennes par la même occasions 😀 ) pour s’améliorer, je trouve que même un œil non expert à une certaine idée de la beauté et que c’est toujours intéressant d’avoir l’avis de chacun 😀

    pour conclure sur l’émission, j’ai beaucoup aimé suivre les épisodes et d’autant plus avec vous, vos retours, vos impressions c’était très enrichissant, même dans notre façon d’être, comme tu le dis justement, il y avait une certaine philosophie dans ce travail !

    sur ce, bonne soirée à tous
    et n’oubliez pas de plancher sur « couverts » ^^

    • il aurait surtout gagné à être plus régulier sur ses mises au point. Avec un trépied, il aurait pû avoir une profondeur de champs plus intéressante. En revanche, ça demande du temps de mise en place et là pas sûr que ça ait marché vu que les marchands rechignaient pour qu’il fasse ces photos. Il me semble en plus qu’il avait un trépied dans le dos ou peut être un monopode, je n’ai pas bien vu!

  7. j’ai beaucoup aimé cette émission, un peu plus de technique ou, comme le dit Estellecalim, un site associé pour la technique m’aurai aidé à comprendre certaines choses.
    Mais la technique est-elle toujours présente, même chez les candidats, christian qui part suite à l’épisode de la lumière chez l’horloger, caroline qui fait des photo en automatique, des flashs…? faut-il voir autrement, oui mais quoi, où, comment ?
    A ma manière, à la votre, celle de M. Toscani ?
    C’es quoi une belle photo ?
    ….

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