Photo for life, morceaux choisis et épisode 2

Je vois que je n’ai pas été la seule à m’intéresser à cette émission Photo for life ! Hier soir, j’ai donc regardé le premier épisode sur mon propre blog puis j’ai continué avec le deuxième épisode à la télé. J’ai beaucoup aimé le premier épisode, le « chef » Oliviero Toscani est un vrai personnage qui se met bien en scène, avec des réflexions choc mais pour autant pas si fausses que ça. On ne s’attarde pas tant que ça au niveau technique mais c’est une vraie réflexion philosophique sur le travail du photographe qui est engagée dans cette émission.

Je ne pense pas qu’on apprendra beaucoup de choses pour les photographes débutants car on s’attache véritablement à l’approche des différents types de photographie, en commençant avec la photo de studio avec nu dans le premier épisode puis en allant sur le photoreportage dans l’épisode d’hier. Ce soir, ce sera encore totalement différent avec la photo de mode ! Si vous avez raté le deuxième épisode, la séance de rattrapage peut se faire dans cet article, juste en-dessous !


Je disais donc que l’émission ne s’attardait pas sur les aspects techniques mais quelques petites phrases m’ont semblé très intéressantes et représentatives de l’approche photographique à avoir. J’ai l’impression de revivre quelques discussions qu’on a pu avoir pendant le projet photo 52 et ça m’a fait très plaisir ;). Quelques morceaux choisis, tous sortis du premier épisode sauf le dernier (accent italien à intégrer dans votre lecture ;)) :

Elle comprend seulement quand elle regarde dans la caméra. Il faut mettre la caméra derrière la tête. La caméra c’est pas une machine à traduire les choses.

C’était lors de la première prise de vue en studio avec nu : le but de l’exercice était de faire une photo de nu en 15 minutes seulement avec à disposition au maximum 2 sources de lumière (1 source recréant la lumière naturelle à travers une fenêtre et/ou un projecteur). Des accessoires sont disponibles comme des réflecteurs (argentés, blancs ou noirs selon le niveau de réflexion recherché).

Quelquefois on se cache derrière la limite technique (lumière, fille trop petite,…).

Lors du débriefing, une petite phrase qui ne paie pas de mine mais qui en dit long sur l’aspect matériel et technique de la photographie. Je répète souvent que le matériel ne fait pas le photographe, et encore heureux. Bien sûr, il est plus facile de faire des photos de bonne qualité (pas forcément plus belles) avec du meilleur matériel, mais la vision et la composition des photos viennent du photographe. Se cacher derrière un problème matériel est une mauvaise approche (à mon avis) et on veut toujours plus d’objectifs, plus chers… En photo de studio, encore bien plus de matériel doit être pris en compte, c’est encore pire…

Mise à jour pour ajouter la citation relevée par Pastelle dans les commentaires :

Si ce qu’il y a dans votre viseur, vous l’avez déjà vu, alors ne déclenchez pas.

Ne jamais contrôler [la photo dans l'écran LCD de son appareil photo], il faut l’avoir là [tape sur son coeur] la photo.

Oliviero Toscani à propos du travail de photographe, un travail qui doit être avant tout artistique.

Aucun détail n’est petit.

Le titre du premier épisode, phrase qui lance le débriefing des photos pendant lequel tous les photographes vont en prendre pour leur grade.

Ça existe pas un regard neutre. Même mort un regard… C’est pas possible. C’est comme dire l’eau est sec.

Je laisse la phrase telle qu’elle a été prononcé, j’ai bien aimé cette réflexion à un des photographes qui voulait mettre en avant le regard neutre du modèle.

Heureusement qu’il me l’a dit sinon je m’en serais pas rendue compte.

 Je finis ces morceaux choisis par une phrase de Coline après que Toscani ait « démonté » sa photo. Coline est très ouverte à la critique de Toscani qui lui reprochait de faire une photo trop compliquée. Autant certains photographes refusent les critiques, quelques qu’elles soient, autant d’autres sont ouverts et peuvent se remettre en cause. On a pu voir les deux attitudes avec Coline qui accepte la critique, mais aussi Mathieu qui ne souhaite pas écouter la critique de Toscani et dit déjà qu’ils seront en « conflit ». C’est assez intéressant de voir ces différentes personnalités s’exprimer.

Episode 2 : je l’ai malheureusement trouvé moins punchy, moins entraînant et avec moins de commentaires remarquables. Pourtant, la première émission a laissé pas mal de temps à la présentation des books des élèves, mais c’est peut-être ce qui a permis de garder un rythme agréable de remarques sur le travail photographique. L’épisode 2 était sympa à regarder pour voir comment appréhender le photoreportage, voir « en live » le travail des élèves (contre les quelques minutes de la prise de vue en studio du premier épisode).

Premier coup de théâtre, la carte photo de Coline rend l’âme. Ou du moins ne semble plus vouloir fonctionner et impossible de récupérer ses photos. Vous savez sûrement qu’il existe des logiciels pour récupérer les photos même quand on les supprime de sa carte photo. Là, on a pas trop vraiment su ce qu’il s’était passé. Dommage, j’aurais bien voulu voir ses photos ! Et concernant ce point crucial des cartes photo, c’est pas pour rien que les appareils photo pro embarquent un dual slot, c’est-à-dire qu’on peut y insérer 2 cartes photo (1 carte CF et 1 carte SD) pour avoir 2 copies de ses photos…

Quant à Christian, on a pu le voir se débattre et maudire le peu de luminosité tout au long de son shooting avec l’horloger. Obligé d’utiliser son flash externe, déporté ou non, avec réflecteur quelques fois (merci l’apprenti horloger :P). C’est sans compter le « face-à-face » final avec Toscani qui va relever ce choix de Christian, à savoir d’avoir utilisé son flash. C’est la seule phrase qui m’a vraiment intéressée dans ce deuxième épisode :

Si on peut regarder avec les yeux, on peut photographier.

En gros, si tu peux voir quelque chose, c’est que tu peux photographier sans aucune lumière additionnelle. Je suis d’accord avec l’idée de travailler avec la lumière naturelle, utiliser les sources de lumière naturelle, mais c’est encore une fois un peu exagéré pour bien fixer le trait. De mon côté, vous vous souvenez du shooting dans le garage pour le thème Outils. Je n’ai aucun flash, ni sur l’appareil photo, ni externe. J’aime pas les flashs en fait mais certains photographes font des choses magnifiques avec ! Pour autant, j’étais bien contente qu’on utilise la lampe de poche pour avoir une source de lumière. Donc travailler avec la lumière naturelle, c’est super et c’est pour moi le must, mais des fois on ne peut pas faire sans addition de lumière (flash ou autre). C’est peut-être dans la puissance du flash qu’on pouvait reprocher quelque chose à Christian, d’avoir un peu perdu tout le relief de ce qu’il photographiait en ajoutant un flash puissant.

Et à la fin de l’épisode, deuxième coup de théâtre. On s’en doutait un peu mais bon, il fallait un petit rebondissement. Je n’en dirais pas plus pour ceux qui n’ont pas regardé cet épisode, je veux pas tout gâcher ;). Vous avez pensé quoi de ce deuxième épisode de Photo For Life ?

Toute la série Photo For Life :

15 Responses to Photo for life, morceaux choisis et épisode 2

  1. nol de nol

    Je n’ai pas regardé l’émission d’hier soir et je vais donc faire comme hier, le regarder sur ton blog ;-) alors n’hésite pas à mettre les autres !!

    Je suis assez d’accord avec toi sur les phrases et les critiques à retenir sur le 1er épisode. Ce que je note c’est que les plus jeunes sont plus ouverts à la critique et voit le côté constructif de les pousser à se poser toutes ces questions…

    • ktycat

      Je mettrai les autres avec plaisir :) ! Heureusement que certains sont ouverts à la critique. Après le casting a sûrement pris en compte des personnalités différentes pour avoir plusieurs réactions, plutôt conflictuelles ou plus ouvertes.

      • nol de nol

        Je ne sais pas si c’est la personnalité qui à beaucoup joué pour la casting ou les photos qu’ils ont envoyé !
        Étais tu au courant de ce casting ? Et si non aurais tu participé ?

        • ktycat

          Non je n’étais pas au courant de ce casting. Humm, je ne sais pas si j’aurais participé, je ne pense pas avoir un portfolio assez étoffé (et de très loin !) pour ce genre de concours, et en plus je n’aime pas les trucs de télé :P. J’avais déjà refusé 2 fois de participer à Un diner presque parfait, mais là c’est vrai que c’est beaucoup plus tentant…
          Mais c’est marrant parce que je parlais de ça hier même avec ma mère, sur les personnalités choisies, si elles avaient joué un rôle ou non dans le casting. Et je pense que oui, c’est de la télé quand même ! On voit vite les différences de personnalités dans ce genre de choses. Après ce n’est que mon ressenti personnel, mais je vois qu’on en revient tous aux mêmes réflexions !

          • nol de nol

            En tout cas ils savent tous se servir de logiciels de retouche et des tablettes graphiques !!

          • ktycat

            Ah ça oui ça m’a beaucoup étonné !!! Surtout d’avoir de si grosses tablettes, la mienne fait du A5 et je ne m’en sers que rarement pour de la simple retouche :P.

  2. Pastelle

    Comme je te l’écrivais hier soir je l’ai aimé moins que le précédent sur le plan photographique, mais c’était quand même super intéressant à suivre parce qu’on a rencontré toute une série de personnages originaux de par leur métier. Intéressant aussi de voir le rapport du photographe avec les « modèles » improvisés. Ils étaient forcément dans le coup, sinon ils auraient mis des baffes aux photographes ! En particulier Coline d’ailleurs. D’une manière générale, j’ai détesté leur attitude vis à vis des gens qu’ils devaient photographier, sauf dans la chocolaterie.

    J’aime bien ton résumé et ta sélection de petites phrases.

    Moi aussi je fais ça, regarder dans le viseur pour voir ce que donnera la photo, au lieu de la regarder en vrai.

    Il manque la citation qui m’a le plus marquée, c’est de mémoire : « Si ce qu’il y a dans votre viseur, vous l’avez déjà vu, alors ne déclenchez pas ».

    Je te remercie encore une fois de m’avoir branchée là dessus. :)

    PS : J’ai bien reçu mon sac photo mais je n’ai pas ouvert la boite, je veux attendre le jour de mon anniversaire ! Comme ça il y aura quand même la surprise. ;)

    • ktycat

      Je te rejoins tout à fait sur l’aspect « modèle » et un peu cobaye avec lequel les photographes ont abordé la chose. De mon côté (même si je ne suis largement pas photographe pro), c’est vrai que je serais plutôt attirée par une approche discrète, en laissant les gens travailler, quite à se mettre plus loin avec une focale plus longue pour « combler » le vide, même si les effets sont totalement différents. Les gens photographiés sont quand même censés travailler, même si pour un ou quelques portraits, on peut facilement les déranger sans que ça les embête. C’est plus l’accumulation du « stop », « attendez », « encore un peu », qui est chiant à force.
      C’est d’ailleurs cet aspect qu’a relevé Toscani en disant qu’il n’y avait pas d’énergie dans leurs photos. Toujours posés, etc… Pas d’improvisation (le chocolatier était vraiment cool de ce côté-là mais je ne sais pas si ces photos décalées iraient bien dans un journal, tu vois ce que je veux dire ?). Mais bon, le contexte est je pense assez stressant ! Au moins on apprend toujours de ses erreurs :).

      Pour savoir comment la photo a l’air sans regarder dans l’appareil photo, il faut vraiment apprendre à connaître ses objectifs. Dans la course au matériel, on ne prend pas assez de temps pour maîtriser une optique avant de passer à une autre. Dans l’absolu, il faudrait SANS REGARDER dans le viseur, savoir comment sortira la photo ! J’en suis moi-même encore loin mais j’essaie de m’améliorer de ce côté-là (c’est aussi pour cela que je n’ai pas tant de lentilles que ça ;)).

      Ah oui j’ai loupé cette citation ! Je vais l’ajouter de suite ! D’ailleurs faut pas hésiter si tu en vois d’autres intéressantes dans les prochains épisodes, on va pouvoir se faire un mémo :D !!!

      Cool pour le sac, tu me feras une photo dis ??? Il doit être trop trop beau :D.

  3. Seb F.

    J’ai bien aimé le fait qu’on montre enfin que photographe professionnel, c’est pas juste un boitier et on part faire des photos : une ligne éditoriale, des contraintes de temps, de météo et/ou de matériel, ce sont tous des éléments à prendre en compte et à MAITRISER.
    J’aime déjà moins le côté télé-réalité du truc, même si la scénarisation n’est pas aussi « obscène » que M6 ou TF1.
    Après, Toscani est un provocateur, c’est son « style » ; maintenant j’ai quand même un a priori négatif à dire que si une photo ne provoque pas c’est pas de l’art. je redoute donc l’émission de jeudi ;-)
    J’ai quand même trouvé l’épisode du debrief du reportage sur l’horloger de Paris très représentatif :
    1- le gars a bloqué sur son problème technique dès le départ : pas assez de lumière, mon flash ne donne pas le rendu que je veux, etc etc.
    2 – lors du debrief il transpirait l’angoisse et a également bloqué son argumentation là-dessus.
    3 – Toscani lui dit en substance que sa photo au flash est merdique…
    4 – il se justifie et justifie et justifie encore en disant c’est pas ma faute c’est la lumière, d’habitude je prends mon matériel, etc etc.
    5 – Toscani finit en disant (à la louche) : c’est une histoire de confiance en toi. Si tu crois en tes photos tes clients y croiront… Mais le gars était bloqué au départ sur son problème technique, ne voyait plus que ca et n’a finalement « diffusé » (non verbalement) que cela comme message.
    En conclusion, soyons positifs et ayons confiance en notre travail et nos choix !!!

    • ktycat

      Je pense qu’ils étaient « obligés » de mettre un côté un peu téléréalité pour attirer « le commun des mortels ». Sinon qui regarderait à part nous :P ? Comme toi, j’aime beaucoup qu’on montre que photographier n’est pas juste déclencher. L’aspect artistique est poussé à l’extrême et ne s’adapte pas toujours à la situation (si on regarde leurs books, presque tous font des portraits, y’a pas de photographe de sport par exemple :P…). Toscani est en effet là pour provoquer, c’est sûr ! Après, à chacun de prendre seulement ce qui nous intéresse, et là comme toi, choquer n’est pas toujours synonyme d’art selon moi. Je parlerais plutôt d’originalité, d’inattendu plutôt que de choc à proprement parler.

      Tu as bien résumé l’histoire sur le flash. J’ajouterais que Toscani a beaucoup aimé la photo sans flash. Et moi aussi d’ailleurs, on voit tout de suite la différence, je l’ai trouvée magnifique et simple, y’a du relief, de la profondeur dans la luminosité. Le flash, quand ce n’est pas bien maîtrisé, je trouve que ça gâche vite les photos, ça les rend plates. Il a bloqué comme tu dis, peut-être qu’il n’avait pas bien dormi, pas assez de temps pour s’adapter et prendre ses repères s’il a l’habitude de bosser en studio… Et moi je ne sais pas utiliser un flash, alors j’en ai pas et je me débrouille sans :P. Le matériel nous enferme vite dans une bulle de facilité. On en achète des nouveaux pour ne pas essayer de combler autrement le problème. Rien qu’en choisissant ses objectifs pour aller à un évènement, on se prend la tête. Combien j’en prends ? Lesquels ??? On bloque et c’est fini… comme pour lui finalement.
      Et comme tu le dis, la conclusion positive de tout art, c’est qu’il faut y croire et avoir confiance en nos choix. Et beaucoup bosser !!!

  4. paky

    merci pour l’article !

    je suis contente parce que dans l’ensemble, les phrases que tu as retenues m’avaient aussi marquée :D

    Je suis d’accord avec Pastelle sur le fait que les élèves n’avaient vraiment pas l’air agréable avec les gens ….après la mise en scène à la tv on ne sait jamais ce qui se passe vraiment…

    J’ai souris pour les prises de vue de Coline qui se met dans des positions assez tordues parfois, et pour le projet, il m’est arrivé aussi d’avoir de drôle de positions ^^

    et niveau technique ou plutôt « savoir-faire », j’ai quand même apprécié la « description » des photos « à avoir » dans un reportage photo:
    - le portrait de l’arisant,
    - l’ambiance du lieu de travail,
    - son activité,
    - sa relation avec les clients,
    - ses outils
    - et le résultat de son travail

    et sinon, un peu d’accord avec seb quand au fait que l’on voit bien que c’est de la tv réalité mais bon on tri on va dire ^^ (et puis perso je suis allée voir le fb de Coline alors si c’est pas rentrer ds le jeu de l’émission ça lol )

    • ktycat

      On est sur la même longueur d’ondes, super :). Je pense que le tournage a dû être éprouvant, on voit dans le premier épisode qu’ils suaient un peu beaucoup !!! Rien que ça, ça peut vite mettre mal à l’aise. Et pauvre Coline, j’aurais jamais pu tester toutes ces positions ! et pauvre modèle aussi :P !!!
      Tout à fait d’accord avec toi avec les points à noter sur le photoreportage. Je crois qu’ils sont un peu partis la fleur au fusil pour faire un truc super artistique et original, et ils en ont perdu le vrai objectif. Tiens je suis pas allée voir les fb, je vais tenter tiens :P ! Comme on devient groupies par ici :D !!!

  5. paky

    c’est vrai qu’ils voulaient surement faire LA photo mais bon …. la série sur le musée grévin avait l’air pas mal même si on n’a pas tout vu !

    et pour les groupies : :D

    • ktycat

      Ca doit être ça ! Si ce sont des photographes habitués au studio, ce n’est pas du tout la même approche. Toi aussi tu fais partie des groupies :P ? La classe ;).

  6. ...Patouiller...

    pour en revenir à christian j’aurais bien voulu que Toscani donne un peu plus d’explications techniques, si nos yeux voit on peut photographier oui mais comment, moi je sais toujours pas faire je vais encore chercher et je vais trouver, pour ma part quand je fais une photo je ne regarde jamais dans l’écran pour voir à quoi ça ressemble.
    j’ai bien aimé cette émission, la semaine prochaine c’est sur le thème de nos ordures ménagères, celà risque d’être interressant & puisque Mr Toscani trouve que les poubelles peuvent être belles… à suivre
    merci pour tes articles

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